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Sylvie de Vesvrotte : « Le paysage franc-comtois au regard des peintres des XVIIIe et XIX siècle ».

16 novembre 2017

21 participants, 2 excusés

Sylvie de Vesvrotte est ingénieur de recherches au Centre Georges Chevrier (CNRS/Université de Dijon) et conservateur adjoint des Antiquités et Objets d’Art du Jura.

Dans un exposé très fouillé, bien illustré, elle fait percevoir l’évolution de la conception du paysage. Longtemps confiné à des arrière-plans plus ou moins réalistes, ou paysage idéal donnant du sens à une histoire, le paysage n’est pas considéré comme un sujet autonome jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, l’oeuvre de Combette (Une famille bourguignonne, 1798) est un bel exemple.

Des œuvres d’artistes comtois sont présentées : Nicolas Labbé (Délivrance de Dole, 1636), Samson Bruley (Besançon à vol d’oiseau, 1615) ou Jean Maublanc (La prise de Mouthier-Vieillard à Poligny, vers 1638). Le peintre suisse Zechender propose une réalisation dépouillée mais réaliste de Besançon à la fin du XVIIIe siècle comme plus tard Jérôme Vandel (Saint François de Sales pour l’église d’Arinthod, 1828).

Le romantisme considère le paysage comme le reflet de l’âme : Abraham-Louis Ducros (Le saut du Doubs, vers 1800), Etienne-Charles Pointurier (Le dérochoir, 1833). On s’épanche dans les lithographies produites en séries au XIXe siècle et les guides de voyages.  Exemples : Alexis-Victor Joly (Fontaine de Gujean à Dole, avant 1825), Pointurier (Vue de Dole depuis le faubourg de la Bédugue, 1826 ; Ermitage à Moissey, 1827; recueil Hostein (Pont sur le Doubs à Dole, 1829 ; Gorges de Morez), Paul Malard (dessins pour Les voyages pittoresques). Le paysage, souvent encore vierge, est pris sur le vif. Théodore Rousseau Château de Binans, 1825 ; Mont-Blanc vu de la faucille, 1834-1836 ; La descente des vaches dans le Jura, 1835 ; La source du Lison) a un rôle important : il ouvre le voie aux artistes locaux pour une vision identitaire et authentique. Gustave Brun (Le grand chêne, 1863), Clesinger (Le coup de vent), Xavier de Dananche (Paysage, 1866), Augustin Fanart (La descente au gué, Ruisseau de Verbois, 1868 ; Vue de Dole, 1887); Courbet (Le chêne de Flagey) aura une influence sur ses contemporains, même si tous ne le suivent pas tel Cherubino Pata (Le ruisseau du puits noir, vers 1870 ; Ornans bords de Loue, 1878). Emile  Isenbart évolue vers l’impressionnisme (Chasseur dans un sous-bois dans le Jura, Le torrent, Paysages du Jura, Vue de la porte Malpertuis de Salins 1869). Gaston Coindre réalise de nombreuses vues de villes qui se métamorphosent (Porte Malpertuis, 1883 ) tandis que Auguste André Lançon peint, entre autres, un  Paysage en hiver (au Musée de Dole).

Plus tard il y aura Fernier, Roz, Charigny, l’Ecole des Annonciades…

L'hôte d'un entretien

 

 

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