En ce jeudi 18 décembre, le cercle des lecteurs de Mêta Jura s'est reformé pour présenter et entendre ce que chacune et chacun avait retiré d'une de ses lectures au cours de l'année écoulée.
En effet, nouvelles règles : un seul livre par personne et 5 minutes pour le décrire et dire ce qu'on en pense. Ces restrictions ont conduit à des débats très vivants et on s'est félicité du déroulement de la soirée. Cela a une incidence sur ce qui suit : moins de livres présentés, donc moins de descriptions ci-dessous... d'autant plus qu'on attend toujours les commentaires de quelques retardataires...
Bonnes lectures !

Clara Dupont-Monod
Paris, éditions Albin Michel , 2025, 160 p.
Chantal Berthet-Bondet
L'enfant dont la mère n'était pas née et autres folles histoires du microchimérisme
Lise Barnéoud
Paris, Premier parallèle, 2023, 182 p.
Jean Berthet-Bondet


Algérie, cette terre où je suis né à la non-violence pendant la guerre
Lucien Converset
Dole, Éditions de la Passerelle, 2025, 126 pages.
Constance Rameaux
Les Nans, Z4 Editions, 2025, 104 p. (collection Jura Noir)
C’est en travaillant avec Constance Rameaux sur la publication du livre consacré à « Agathe Coutemoine, pionnière de la photographie dans le Jura » que j’ai découvert la collection Jura Noir dirigée par Daniel Ziv.
Un auteur et un polar à fort enracinement jurassien.
Dans cet ouvrage, l’enquête commence avec la découverte d’un couteau à la lame tachée de brun. Sur le tissu qui le protège se lisent un plan et une inscription énigmatique. Dans ce cold case remontant à 1904 on trouve bien sûr un cadavre et l’arme du crime. Mais qui a tué ? Suspense ! On rencontre des personnages réels comme Agathe Coutemoine alors âgée de 37 ans, ses sœurs et son père. Il y a aussi deux anciens ministres, Stephen Pichon (1857- 1933), journaliste et ministre des Affaires étrangères de la IIIe République, mort à Vers-en- Montagne où il avait une propriété, et, plus étonnant à première vue, Edgar Faure (1908-1988) qui posséda une maison à Port-Lesney.
D’un style alerte, Constance Rameau conduit avec efficacité un récit plein de surprises. Une lecture très agréable, à l’instar d’autres récits du même auteur dans cette collection, par exemple « Du rififi au Monthury ».
Marie-Jeanne Roulière-Lambert


Grand reporter et fille de paysan
Maryse Burgot
Paris, Fayard, 2024, 312 p.
Peter Schneider
Paris, Grasset, 2000, 378 p.


Étienne Guertin-Tardif
Paris, Points, 240 p. 2025
Ken Follett
1ère éd. française en 2 volumes (1. Ellen, 2. Aliena), 1990, Paris, Stock, 490 et 606 p.
Ed. Paris, Le livre de poche, 1992, 1056 p.
Un roman captivant qui se déroule en Angleterre à la fin du XIIe siècle sur fond de bâtisseurs de cathédrales. Il est bien documenté sur l’histoire de l’Angleterre et, plus encore, sur l’architecture gothique, notamment les influences françaises et italiennes à la recherche de solutions pour bâtir toujours plus haut tout en captant toujours plus de lumière à l’intérieur de ces bâtiments de la chrétienté. Bien documenté également sur la vie quotidienne dans ce moyen âge britannique : alimentation, mœurs, superstitions.
C’est en fait une saga sur plusieurs générations qui vivent en des temps difficiles où la survie dépend de la protection de seigneurs ou de personnalités ecclésiastiques puissantes, parfois très violentes sur fond de guerre, destructions et famines quasi permanentes.
Ken Follett est un auteur de renommée internationale qui a écrit de nombreux romans dont le lectorat se compte en millions. L’écrivain, né en 1949, ressent de l’attachement pour la France. En 2022, il décide ainsi de reverser l’intégralité des droits d’auteur de son livre Notre-Dame, publié en 2019 après l’incendie de Notre-Dame de Paris, afin de restaurer la cathédrale Saint-Samson de Dole-en-Bretagne, fondée par un Gallois, comme lui. Il obtient la nationalité française en 2025.
Hélène Lacroix


David Diop
Paris, Julliard, 2025, 368 p.
David Diop, né le 24 février 1966 à Paris, est un enseignant-chercheur et écrivain français. Spécialiste de littérature du XVIIIe siècle, il est lauréat du prix Goncourt des lycéens en 2018 et du prix international Man-Booker en 2021 pour son roman Frère d'âme.
À la fin du XIXe siècle, Bilal Seck achève un pèlerinage à La Mecque où il s’est rendu avec son meilleur ami et s’apprête à rentrer à Saint-Louis du Sénégal.
Une épidémie de choléra décime alors la région, mais Bilal en réchappe miraculeusement, sous le regard incrédule d’un médecin français qui tente de le convaincre de lui prélever un échantillon de sang afin de percer les secrets de son immunité.
Mais Bilal a au fond de lui une autre histoire, celle qu’il ne cesse de psalmodier, un mythe immense, demeuré intact en lui, transmis par la grande chaîne de la parole qui le relie à ses ancêtres, dont il est le 62e passeurs. Cette histoire est celle d’une odyssée qui se déroule au III siècle avant JC et qui fut celle du peuple égyptien, alors sous le joug des Ptolémée, secoué par Ounifer, grand prêtre d’Osiris qui caressait le rêve de redonner sa grandeur et sa liberté aux siens. Cette odyssée va les mener vers l’ouest à travers les déserts, jusqu’à une terre promise, un bel horizon, une ville à fonder sous le ciel des dieux immortels…
Le chemin périlleux emprunté par Ounifer durant son exode se fait sous l’œil vigilant d’un général fidèle au Pharaon, d’un archer prodigieux, et d’un scribe, premier passeur de toute cette mémoire du récit fondateur dont Bilal est désormais l’ultime gardien.
Bilal empruntera donc le même chemin, vers le couchant, traversant les mêmes labyrinthes de sable, jusqu’à Djenné, jadis Djeno, la cité rouge où vint buter le voyage d’Ounifer et de son peuple. Entre-temps, Bilal aura exhumé les reliques perdues d’Osiris, se sera lié à un forgeron de Djenné dont il épousera la fille. De leur union naîtra Netelli, dont le prénom signifie « raconter ». Mais comment raconter encore quand on est muette de naissance ?
Ou s’adosse le ciel est un récit de vengeance, d’une chasse au trésor, d’un voyage initiatique, d’une quête spirituelle. C’est un roman qui interroge sur la valeur de la transmission et la construction de soi vis-à-vis de ceux qui nous ont précédés.
Alain Pieron
Olivier Norek
Ed. Pocket, 2025, 464 p.
" Je suis certain que nous avons réveillé leur satané Sisu .
– Je ne parle pas leur langue, camarade.
– Et je ne pourrais te traduire ce mot, car il n'a d'équivalent nulle part ailleurs. Le Sisu est l'âme de la Finlande. Il dit le courage, la force intérieure, la ténacité, la résistance, la détermination... Une vie austère, dans un environnement hostile, a forgé leur mental d'un acier qui nous résiste aujourd'hui. "
Imaginez un pays minuscule.
Imaginez-en un autre, gigantesque.
Imaginez maintenant qu'ils s'affrontent.
A propos de la guerre de l'hiver entre URSS et Finlande l'hiver 1939-1940.
Ouvrage conseillé par Alain Pierron


Charlotte Fauve et Claire Houmard
Paris, Albertine / Le Seuil, 2025, 320 p.
À Quinhagak, un village Yup’ik en Alaska, les autrices participent un mois durant à des fouilles archéologiques « de sauvetage ». Charlotte Fauve, journaliste, raconte les journées d’excavation auxquelles participent aussi quelques personnages de la communauté villageoise actuelle, dans un combat contre le temps, la tourbe et les vagues qui érodent l’ancien village abandonné, scellé dans le sous-sol, et reconstruit plus dans les terres. À cette plongée dans le quotidien d’une fouille et d’un village, Claire Houmard, archéologue responsable des recherches, apporte son éclairage scientifique et replace certaines découvertes dans l’histoire plurimillénaire du peuple Yup’ik.
Il s’agit, pour les autrices, de saisir in extremis le passé - détruit en partie par la colonisation et déstabilisé par le dérèglement climatique - avant qu’il ne soit emporté pour de bon. C’est une lutte contre la crise écologique et sociale, une lutte contre l’ Usteq : l’usure du monde.
L’auteur de ces lignes regrette que la journaliste n’aille pas plus avant dans la description ou l'analyse des réactions des villageois actuels face à la fouille des habitats de leurs proches ancêtres et de leur destruction, autant par l’océan que par les recherches…
Pour en savoir plus :
François Schifferdecker